Culte du Nouvel-An 2016 par la pasteur Sarah-Isaline Golay

Prédication Esaïe 44.21-23 et Luc 2.16-21

Culte du Nouvel An 2017

Entre Noël et Nouvel An, notre estomac a fort à faire, les bons repas, trop copieux se succèdent, les invitations, les fêtes de famille et de belle-famille, voilà notre ventre rempli, gavé, repu, en pleine digestion…Vive les pantalons taille élastique ou les crans de ceinture décalé !

Et c’est en pleine digestion de tous ces bienfaits de la terre, que nous sommes réunis ce matin pour ce culte de la nouvelle année. Ce mécanisme organique de notre corps nous appelle aussi en cet instant à la digestion de toute une année passée… Tant d’événements heureux ou douloureux se sont succéder au fil des jours, avons-nous eu le temps de les digérer ? de les méditer ? d’en tirer des leçons, garder une richesse pour demain ?
Marie vient d’accoucher, sacré bouleversement pour son corps, elle doit être toute remuée par tant d’émotions, de douleurs passées, d’efforts, et l’évangile nous dit qu’elle retenait tout ce3 qui s’était passé, elle y réfléchissait dans son cœur, elle gardait et méditait tout ce qui était arrivé à Noël.

Marie se trouve aussi en pleine digestion des événements extraordinaires qui viennent de se produire. Les deux verbes utilisés pour marquer ce qu’elle traverse sont : conserver (suntereo) et rassembler (sumballo). Littéralement, méditer voir même s’entretenir avec. Un peu comme si Marie gardait au fond de son âme tous ces bouleversements et les méditait, s’entretenait en secret avec Dieu. Une manière de mastiquer, de ruminer, de digérer, de s’imprégner.

Pour Marie c’est le temps de la récapitulation, du ressassement, de méditer le passé tout proche comme celui plus lointain, le temps de la digestion.

A nous qui venons de passer le cap de la nouvelle année, l’appel est lancé comme pour Marie de ruminer, méditer, garder le passé, d’en faire mémoire, de revenir à hier. C’est important de pouvoir le faire, car nous avons vécu au cours de 2016, tant d’événements, nous avons peut-être dû nous séparer de ceux que nous aimions, traversé tant de deuils, des épreuves ou maladies, nous avons peut-être accueilli une nouvelle vie dans notre famille, nous avons dû nous adapter, changer, se réorienter sans cesse, nous avons vu tant d’images qui transpercent le cœur, des attentats, des guerres, des exodes, des hommes, des femmes et des enfants qui crient misère, des catastrophes naturelles dévastatrices, nous avons été bombardé par tant d’informations, d’images chocs, de violence, avons-nous eu le temps de les digérer ? de nous instruire de ce passé si violent, d’en tirer les leçons, garder une richesse, une espérance pour demain ?

Tout a été si vite, voilà l’année est passée, la nouvelle arrive, et nous n’avons jamais vraiment le temps de l’arrêt sur image, dans notre monde comme dans notre quotidien, nous n’avons jamais vraiment pu saisir le temps de la digestion, du rassemblement intérieur, de la rumination.

La vie est faite ainsi, si nous voulons pouvoir continuer à vivre année après année dans ce monde si incertain et fragile, c’est à nous de saisir l’occasion, à nous de nous mettre en travers du temps qui file, pour dire stop, pour faire une pause, pour s’arrêter le temps de la méditation pour faire le point, le bilan de tout ce qui nous a envahit et se placer alors en entretient secret avec Dieu, comme Marie pour garder et conserver, pour faire mémoire et récapituler, pour aussi ne garder que ce qui a été bon, source d’enseignement, de sagesse et de valeur pour vivre demain autrement.

Si Marie retient et réfléchit à tout ce qu’elle a vécu, la vie pour autant ne s’est pas arrêtée et figée, bébé Jésus grandit, demande des soins et de s’activer auprès de lui, le cours des choses continuent, une semaine plus tard, vient le moment de circoncire Jésus. Marie doit sortir de son cocon, doit quitter le temps du ressassement et aller de l’avant, vers demain, tourner les pages de l’existence.

La vie continue, et on ne peut pas rester figer sur le passé, même si c’était mieux hier.

De 2017 nous ne savons encore rien, la page est blanche, c’est le saut dans l’inconnu, le temps de l’à-venir. Nous ne savons pas de quoi demain sera fait, nous sommes poussés à nous y plonger, car c’est la vie, c’est comme cela. Nous ne pouvons pas rester dans la mélancolie du passé, des morts, des événements d’hier, ce que nous savons c’est qu’il y aura des rires et des larmes, des bonheurs et des séparations, des épreuves, des maladies, des guerres toujours et encore, des signes d’espérance et des miracles, des nuits froides et longues, des doutes, des silences, des jours bénis et d’autres qui anéantissent, mais je le crois nous ne serons pas délaissés, livrés à nos solitudes et nos questions, Dieu est celui qui est là, et qui s’approche toujours et encore à chaque seconde qui passe.

A nous donc de garder le bon d’hier, de méditer et de tirer les enseignements de 2016 et de lâcher les ombres, les colères, les rancunes d’hier, à nous de nous tourner toujours et encore vers demain, enrichis par ce que nous sommes, par ce que nous avons été et ouverts à ce que nous pourrons être demain.

Les feuilles de nos calendrier vont passés et tombés, demeure la certitude que notre temps est orienté, aimanté par un Dieu qui affleure toujours sur les chemins de notre quotidien.

Le passage entendu ce matin dans le livre d’Esaïe, nous redit l’appel à nous souvenir que nous sommes enfants de Dieu, et à revenir à Dieu, notre libérateur, à continuer la digestion de la vie en entretient personnel et intime avec Dieu, à chanter la joie de son amour.

C’est avec le Dieu d’hier, d’aujourd’hui et de demain que je nous souhaite d’entamer l’an neuf et de nous offrir de temps en temps quelques moments de digestion de notre foi pour mieux aller de l’avant…

Attendre le cœur au bord des lèvres l’inattendu de Dieu, son demain, notre chemin.

Amen.